samedi 30 avril 2005

Le Mémorial de la Déportation Homosexuelle mis à l'écart de la cérémonie :décision délibérée ou maladroite du Préfet ?

Dans un courrier daté du 18 avril 2005 (voir PJ), Fabrice Bosque, secrétaire national du Mémorial de la Déportation Homosexuelle, réinterpelle Alain Géhin, préfet de Région, afin de lui exprimer ses interrogations quant à l'organisation de la cérémonie relative à la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation, prévue dimanche prochain à 11 heures 30 au Fort de Hâ à Bordeaux.

En effet, dans deux précédents courriers, le Mémorial de la Déportation avait exprimé son souhait d'être intégré à la réunion préparatoire et au protocole de cette Journée, comme cela se fait dans plusieurs villes de France.

Qu'en est-il à Bordeaux, à J - 5 ?

Force est de constater qu'une mise à l'écart du Mémorial de la Déportation Homosexuelle a bel et bien été décidée. Cette interrogation est légitimement posée d'après le constat suivant : tout d'abord, le MDH n'a pas été associé à la réunion préparatoire à laquelle avait été conviée les associations de déportés résistants le MDH n'est pas intégré dans le protocole, un protocole marqué par une prédominance d'acteurs de la Résistance, violant ainsi le principe d'unicité prétendument propre à la cérémonie, selon le Préfet : lecture du texte “ Paroles de déportés ” ; poème lu par Monsieur Roger JOLY, Coordonnateur des Associations de Déportés et Internés Résistants ; lecture du message national de la FNDIRP par un représentant d’une association de Déportés et Internés de la Résistance ; ce message ne fera référence qu’aux résistants. enfin, le non-envoi du carton d'invitation ! Pour rappel, le MHD avait été invité l'an passé.

Le MHD déplore cet état de fait, non conforme aux exigences du Ministre Délégué aux Anciens Combattants quant au déroulement de la cérémonie, et rappelle son souci de voir respecter le principe d’unicité, qui a pour objectif de rendre hommage à l’ensemble des déportés, indépendamment des motifs de leur déportation.

Sans nouvelles de la Préfecture, le MDH se verra obligé - et désolé - d'organiser un deuxième temps à l'issue de la cérémonie officielle, cérémonie à laquelle la presse et plusieurs élus sont cordialement invités à assister.

Une conférence de sera tenue à l’issue de la cérémonie.

dimanche 24 avril 2005

Déportation des homosexuels, un rendez-vous citoyen contre une cérémonie discriminatoire

A l'issue de négociations infructueuses avec la préfecture et le représentant de la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes, le Mémorial de la Déportation Homosexuelle proteste contre le caractère discriminatoire de la cérémonie de la journée nationale du souvenir des héros de la déportation. Avec le soutien de la Ligue des Droits de l'Homme, le Mémorial de la Déportation Homosexuelle invite l'ensemble de nos concitoyens à venir le constater ce dimanche 24 avril à 11h30 au Fort du Hâ (Cour de l'ENS, entrée par le parvis des Droits de l'Hhomme, 9 rue du Mal Joffre).

jeudi 14 avril 2005

24 avril - Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation : Des homosexuels ont aussi été déportés : Le 14 Avril 2005

A quelques semaines de la Journée nationale du souvenir de la déportation, la LGP Bordeaux estime indispensable d’instituer une mémoire de toutes les victimes de l'ordre nazi, qu'elles aient été pourchassées en raison de leur religion, de leur handicap, de leur infirmité, de leur appartenance à une minorité ethnique, sociale ou culturelle, de leur orientation sexuelle, ou de leur volonté de combattre un état totalitaire. Aussi, soutient-elle les deux démarches portées par le Mémorial de la Déportation Homosexuelle (MDH) :

- tout d’abord, un courrier daté du 25 mars dernier adressé à Alain Géhin, préfet de Région, demande la pleine reconnaissance de la déportation d’homosexuels depuis la France vers les lieux de déportation nazis durant la seconde guerre mondiale en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée. La LGP Bordeaux souhaite qu’un représentant du MDH puisse être associé à la cérémonie officielle de la Journée nationale du souvenir de la déportation, aux côtés des représentants de l’Etat et des différentes communautés touchées par la déportation,

- la demande formulée auprès du Représentant départemental des Déporté(e)s et Interné(e)s de la Résistance, Monsieur Roger JOLY, afin de financer une gerbe commune à la mémoire de l’ensemble des victimes de la déportation dans le but de respecter le principe d’unicité de cette cérémonie. La LGP Bordeaux lance un appel à une participation massive de la population à cette cérémonie d’hommage le dimanche 24 avril 2005, à 11 heures 30, au Fort du Hâ (cours de l’Ecole Nationale de la Magistrature, 9 rue du Maréchal Joffre).

Triste rappel :

Entre 1933 et 1944, sur le territoire du Reich, occupations comprises, 100.000 à 150.000 citoyens ont été convoqués ou raflés par la Gestapo puis torturés, expulsés ou déportés pour homosexualité.Entre 10.000 et 15.000 d’entre eux se sont retrouvés sans jugement en camp de déportation et portaient le triangle rose. Les lesbiennes, également déportées, portaient le triangle noir des asociaux. Les deux tiers y ont péris. Par ailleurs, du fait de l’aggravation par les nazis du paragraphe 175 du code pénal allemand, plus de 60.000 homosexuels se sont retrouvés en prison. Les codes pénaux des Alliés ayant maintenu à la Libération les articles de loi homophobes, les homosexuels rescapés de ce charnier choisirent pendant longtemps de se taire, sachant qu’ils ne seraient pas entendus.

En novembre 2001, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation - établissement reconnu d’utilité publique placé sous le Haut patronage du Président de la République - produisait un rapport concernant « la déportation d'homosexuels à partir de la France dans les lieux de déportation nazis durant la Seconde guerre mondiale au titre du motif d'arrestation 175 »1. Ce rapport, qui établit d'ores et déjà un relevé de 210 noms de personnes déportées en Alsace et en Moselle au titre du paragraphe 175, atteste désormais de la réalité de la déportation pour motif d'homosexualité en France. La déportation des homosexuels français n’est cependant pas encore reconnue par l’Etat.

A ce titre, chaque année, le Mémorial de la Déportation Homosexuelle, ou d’autres associations par délégation, demande à participer dans différentes villes de France aux cérémonies de la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation. Lors d’une rencontre le 10 février dernier, la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes, l’Inter-LGBT et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle ont convenu que l’objectif commun était de parvenir à une cérémonie unique et républicaine, qui revête un caractère universel, prenant en compte la déportation des homosexuels au même titre que les autres motifs, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une seconde cérémonie avec son propre dépôt de gerbe.